Le Schalke 04 de Tedesco : l’équipe caméléon

Domenico Tedesco, 35 ans, 1ère année en tant que coach professionnel en première division et 2eme de Bundesliga avec Schalke 04 à quelques journées de la fin. A 32 ans,  et sans aucun passé de joueur professionnel ce jeune entraîneur va probablement ramener le peuple incandescent de la Veltins Arena en League des Champions. Dans ce pays où le légendaire Jupp Heynckes cohabite avec une nouvelle vague d’entraîneurs extrêmement talentueux (Hasenhuttl, Nagelsmann, Herrlich, ou encore Tuchel et Klopp un peu plus antérieurement), Domenico Tedesco rajoute une pierre à ce nouvel édifice, cette nouvelle identité du football allemand, loin des clichés, en deux mots : ambitieuse et joueuse.

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LE PARCOURS DE DOMENICO TEDESCO

Domenico Tedesco aurait-il pu connaître la même ascension en France ? Y-a-t-il un seul coach français dans notre championnat aujourd’hui qui n’a pas été anciennement joueur professionnel ? Au-delà de cette question qui peut mériter un débat, Domenico Tedesco a surtout pour lui un immense talent. Passionné de sport (il fut pigiste dans un journal sportif local), il décide rapidement de s’écarter de sa voie professionnelle dans le génie industriel, pour passer ses diplômes d’entraîneur jusqu’à la licence Pro UEFA au sein de laquelle il finit major de promotion. Parallèlement, il entraîne pendant plusieurs années des équipes de jeunes comme le VfB Stuttgart, ou le TSG Hoffenheim.

A 30 ans, il aurait pu simplement continuer sa voie dans la formation des jeunes au sein de grands clubs allemands. Mais Domenico Tedesco voit déjà plus loin. Il se met de lui-même en difficulté en choisissant de s’engager avec le Erzgebirge Aue, dernier de deuxième division. Il réussit au terme de la saison à sauver son équipe de la relégation. C’est alors qu’une offre incroyable lui est proposée : entraîner l’équipe première de Schalke 04, l’un des plus grands clubs du pays. Aujourd’hui, second de Bundesliga et sous les feux des projecteurs allemands, Tedesco à su bonifier cette opportunité unique. Et tout cela sans renier une identité, des principes de jeux affirmés.

COMPOSITION ET ANIMATION

LA PHASE OFFENSIVE DU SC04 : AMBITION ET POLYVALENCE

A l’image de l’ambition de son entraîneur, voulant constamment tout maîtriser et tout connaître pour progresser, Tedesco demande à ses hommes d’être capables de s’exprimer dans plusieurs registres. Adepte de la défense à 3 qu’il utilise beaucoup cette saison, il n’apparaît pas dogmatique quant au système de jeu. Son équipe, souvent aligné en 3-5-2 sur le papier, peut se transformer en 3-6-1, en 3-4-1-2, en bref, prendre des formes multiples dans son animation. L’un des axes qui n’évolue pas quelque soit les joueurs alignés sur le terrain : être dans la capacité technique d’être protagoniste sur le terrain, de pouvoir imposer son jeu à ses adversaires. Lorsqu’on aligne dans le cœur du jeu des joueurs aussi fins, qu’Amine Harit, Goretzka, MacKennie au gabarit très moyen, la technique apparaît clairement au centre du projet de jeu. Max Meyer représente l’illustration parfaite de cette idée. Grand espoir allemand au poste de numéro 10, Tedesco décide en début de saison de le réorienter en numéro 6 afin de magnifier ses sorties de balles.

Mais, cela ne signifie pas pour autant qu’il le fait systématiquement ! Tel un caméléon, il demande  souvent à ses joueurs d’imposer un faux-rythme, d’endormir un peu l’adversaire pour mieux le piquer.

Les sorties de balle incarnent très bien cette polyvalence, cette variété dans le jeu du SC04.

(Stambouli essaie de sortir le ballon dans son camp sous la pression de 2 joueurs de Leipzig venus le cadrer. Il lève la tête et voit Schopf seul entre les lignes).

(Alors qu’il oriente son corps pour faire croire à ses adversaires qu’il va chercher sur le côté le joueur en mouvement entouré en rouge, Stambouli réussit une magnifique passe cachée derrière la ligne de pression qui crée tout de suite le décalage.)

Schalke 04 n’hésite pas à prendre des risques dans la relance et à faire participer ses défenseurs centraux tant que possible. Notez dans ce registre la qualité supérieure apportée par Stambouli (et Thilo Kehrer son concurrent lui aussi très fort dans ce secteur) comparativement à Naldo et Nastasic plus prudents.

(Caliguri est dos au jeu et se prépare à récupérer un centre sous la pression de 2 adversaires qui l’attaquent)

(Sous la pression adverse Caliguri aurait pu dégager en touche, ou partir en conduite de balle le long de la ligne. Il opte pour la prise de risque et cherche plein axe MacKennie.)

(La prise de risque est valorisée puisque les joueurs adverses sont totalement surpris. MacKennie peut donner à son partenaire Harit  et finaliser ce grand triangle enclenchant le décalage)

Jouant très souvent avec 2 attaquants, solides dans le jeu aérien, tout en sachant se déplacer intelligemment, ils sont aussi sollicités dans les sorties de balle qu’elles soient courtes ou longues.

(Un circuit de relance classique du SC04 : un triangle avec Meyer en pointe haute cherchant des intervalles. A noter, le dernier défenseur plus excentré pour donner la possibilité de faire vivre le ballon sur toute la largeur et ainsi faire courir l’adversaire, ici en 4 contre 3.)

(Le jeu long, pour valoriser le jeu aérien des 2 attaquants fait aussi pleinement partie du circuit de relance. Ici, Embolo reçoit le ballon pendant que ses coéquipiers se rapprochent pour remporter le deuxième ballon.)

L’équipe de Tedesco peut réellement se comparer à un caméléon car elle présente aussi un grand nombre de circuits d’attaques placées.

(Stambouli à le ballon et voit Harit disponible dans l’intervalle. Il n’hésite pas une seconde et tente une passe verticale.)

(Amine Harit, joueur formé au FC Nantes  et ici entouré en rouge est un joueur clé du collectif de Tedesco. Il dispose d’une première touche de balle soyeuse, à l’image de ce  contrôle orienté réellement remarquable. Avec son grand volume de jeu (merci S.Conçeiçao) il donne le tempo à chaque accélération. Sur cette séquence il élimine son vis-à-vis et se démarque sur sa prise de balle. Pendant ce temps Mac Kennie prépare une projection.)

(3 solutions s’offrent clairement à Harit qui a le temps d’opter pour la plus pertinente).

(C’est finalement Burgstaller qui est servi, ce qui donnera juste après une frappe sur la barre transversale.)

Ce circuit d’attaque révélateur découle d’abord d’une défense centrale impliquée dans la construction des actions. De surcroît, la technique est toujours au service de la tactique : Tedesco peut s’appuyer sur de sublimes prises de balles orientées pour donner  la consigne à Harit d’être toujours dans le dos de l’adversaire prêt à créer le décalage sur son contrôle.

Schalke 04 sait aussi utiliser les couloirs pour déséquilibrer l’adversaire :

(Le ballon est récupéré par Schalke 04 qui utilise sa sortie de balle longue en cherchant Burgstaller directement. Embolo, se prépare à accompagner.)

(Burgstaller, en appui à pris le dessus sur l’adversaire et remise pour Embolo lancé. On est très proche ici de la notion clé de 3eme homme avec la recherche d’un joueur dos au jeu qui trouve un partenaire face au jeu démarqué.)

(Burgstaller, poursuit son action et se projette côté par un appel en diagonale. Il oblige son adversaire à partir au large laissant un bel espace dans son dos. Noter, l’apparition d’Harit avec son numéro 25 en projection.)

(Le bloc de Cologne n’est pas encore totalement déséquilibré et Burgstaller le sait. Il suffira d’un très joli une-deux dans un espace réduit pour mettre hors de position l’adversaire et permettre à l’attaquant de centrer.)

(Harit est trouvé sur un centre à ras de terre qui fait mouche. 2-1 pour le SC04).

Ce circuit d’attaque très efficace permet aussi de souligner les qualités d’un attaquant sous-estimé en Europe : Burgstaller. L’autrichien au grand gabarit est un joueur très mobile, très intelligent dans ses déplacements, ses courses capable aussi bien de placer des appels profonds que de jouer dos au but. La qualité de ses frappes et son jeu de tête en font un attaquant redoutable. Ces 10 buts, tous mis depuis l’intérieur de la surface, minimisent le rôle de cet attaquant décisif dans la phase offensive de l’équipe de la Ruhr.

De plus, l’ensemble des captures d’écran prises ici montrent l’importance des projections des milieux relayeurs jusque dans la surface pour apporter du nombre et finir les actions. Les frappes de loin, les centres souvent au sol, sont importants dans ce registre. Cependant, là aussi Schalke peut apporter de la variété :

(Caliguri à la ballon proche de la surface et fait circuler autour de celle-ci.)

 

 

(Nouvel axe de finition qui se déploie sous nos yeux grâce à la qualité technique de Meyer et la synchronisation avec le déplacement de Caliguri : la balle par-dessus dans les 20 mètres.)

 

(L’action se conclue devant un but vide avec une passe limpide en retrait de Caliguri. Une superbe séquence de finition.)

Si le nom de Domenico Tedesco fait beaucoup de bruit en Allemagne, c’est parce que son équipe impressionne les observateurs. Malgré le peu d’expérience au plus haut niveau de cet entraîneur, ses joueurs proposent un football construit, travaillé et fondé sur une synchronisation des déplacements, une utilisation des espaces très intelligente.

RECUPERATION DU BALLON ET ATTAQUES RAPIDES  : LE CAMÉLÉON SAIT ACCÉLÉRER

Il est très difficile pour une équipe de faire des résultats sur une saison complète en ne défendant que dans une configuration. Tedesco en est conscient et a développé l’éventail défensif de son équipe. Celle-ci sait tout aussi bien défendre en avançant sous la forme d’un pressing, défendre en bloc médian ou encore attendre l’adversaire en bloc bas avec une bonne occupation de la surface de réparation.

(Configuration de l’équipe en bloc médian avec un objectif clairement visible ici : laisser de la liberté aux défenseurs centraux pour orienter côtés et fermer toutes les lignes de passes dans l’axe.)

(Nous savons grâce à notre ancienne article sur la genèse de Leipzig  , magnifiquement remis à jour en vidéo par Victor sur Première touche   que Leipzig aime attaquer dans l’axe. C’est l’occasion de voir la fermeture de cette zone du terrain par 5 joueurs du SC04. Ici, un groupe de 5 joueurs se trouvent dans un tout petit périmètre face aux 4 offensifs de la Saxe.)

(L’équipe de Tedesco en configuration bloc haut : Embolo va cadrer le porteur adverse sur le temps de relance du gardien adverse.)

(Le bloc coulisse rapidement pour enfermer l’adversaire côté. Ici Caliguri vient harceler le porteur. A noter quand même, le retour tardif de l’autre attaquant du SC04, encerclé en rouge, pour fermer la solution axiale.)

Lorsque Schalke prépare une attaque placée chez l’adversaire, il n’est pas rare de les voir tenter un pressing à la perte immédiate, dans les 3 secondes, afin de récupérer le ballon le plus vite possible. Un principe « vulgarisé » par le barça de Guardiola et très souvent repris par les équipes dites « protagonistes » en Europe.

(Schalke 04 défend rationnellement en zone à gauche. Les deux joueurs entourés en rouge vont tenter de se trouver grâce à une passe longue. Le déplacement de Meyer, entouré en noir est intéressant à suivre.)

(La première ligne est éliminée sur cette passe longue et oblige Nastasic, entouré, à se déporter côté tout en reculant. Le rôle défensif de Meyer est alors clairement indiqué. C’est lui qui occupe l’axe central avec Naldo et Stambouli en compensation.)

L’équipe de Tedesco sait aussi occuper avec beaucoup de pertinence la surface de réparation, obligeant l’adversaire à des passes stéréotypées que la charnière et notamment Naldo se font un malin plaisir à récupérer. Sur les deux-tiers de la saison Naldo est l’homme qui a gagné le plus de duels en Bundesliga tout particulièrement dans le domaine aérien où il excelle. Pour preuve sur les 189 duels aériens qu’il a disputé il en a remporté 145 soit près de 77%. Son coéquipier Nastasic est aussi redoutable dans les duels surtout lorsqu’il est dans cette surface de réparation.

(Gladbach est en position de finir une action. Schalke 04 est en bloc bas avec une ligne de 5 et une ligne de 4 visibles. Les détails sont importants sur cette photo : Naldo, Nastasic et Stambouli, entourés, sont en position, sur leurs appuis, légèrement inclinés de 3/4 et déjà prêts à disputer un éventuel duel.)

L’équipe Caméléon de Domenico Tedesco sait aussi accélérer lorsqu’elle récupère un ballon assez bas. Les circuits d’attaques rapides sont simples et terriblement efficaces.

(Récupération du ballon par Oczipka dans l’axe sur l’attaque de Gladbach.)

(Oczipka a remonté le ballon sur 20 mètres pour servir Harit à gauche. Les deux attaquants, entourés sont prêts à lancer des appels dans les espaces.)

(Harit a remis le ballon à Oczipka, pendant que Burgstaller entame un démarquage par un appel vers le côté gauche, dans le dos du latéral.)

(Burgstaller peut désormais être servi et conclure cette attaque rapide : fixer le latéral et finir par un centre qui donnera une occasion franche.)

De surcroît, sur ces phases de jeu, les défenseurs n’hésitent pas à chercher en jeu long un attaquant, qui grâce à sa déviation, va permettre au milieu relayeur de récupérer le cuir, pour mieux le redonner à l’avant-centre parti immédiatement en profondeur dans le dos. Tous ces circuits montrent à la fois la vitesse de projections des joueurs de la Ruhr, leur volume de course conséquent, et la qualité de leurs déplacements. Tous ces éléments, ensemble, mettent régulièrement hors de position les adversaires.

QUELS AXES DE PROGRESSION POUR L’EQUIPE DE TEDESCO ?

Schalke 04 est une équipe relativement régulière et qui occupe le très haut de tableau depuis de nombreuses semaines. Avec 4 points d’avance sur le second Dortmund et près de 7 sur Leverkusen 5eme et en ligue Europa, elle est déjà presque assurée de disputer la plus prestigieuse des compétitions européennes l’année prochaine.

Pour autant, si elle veut exister à ce niveau de compétition, de nombreux points restent à parfaire pour les joueurs de la Veltins Arena. Les défenseurs centraux ne sont pas très véloces et présentent des difficultés à gérer la profondeur lorsqu’ils sont en bloc haut. De plus, le Schalke 04 présente souvent des « trous d’airs » dans un match caractérisé par des périodes de possession très horizontales et stériles, ou encore des moments de naïveté défensive criantes. Enfin, la jeunesse globale de l’effectif notamment au milieu de terrain où les joueurs présentent peu ou pas d’expérience en Ligue des Champions peut s’avérer problématique pour être performant. Déjà, en championnat, on perçoit souvent des séquences de jeu où les choix des joueurs ne sont pas pertinents, d’où cette idée globale d’une maturité tactique à acquérir.

CONCLUSION

L’équipe de Schalke 04 porte bien son nom de caméléon. Celle-ci dispose de très nombreux joueurs de qualité, complémentaires et capables de s’exprimer dans plusieurs registres au cours d’un même match. Le travail et les principes de jeu de Domenico Tedesco apparaissent bien visibles. L’équipe de la Ruhr est capable de produire un football construit et très agréable tant sur attaque placée, que sur attaque rapide. Elle est capable de se déployer efficacement tant en bloc bas, qu’en bloc médian ou haut sous la forme d’un pressing à la perte. Ainsi, Domenico Tedesco rappelle à tous et notamment à notre école des coachs français que le métier d’entraîneur doit se distinguer d’un passé de joueur professionnel. Ce statut n’offre aucune garantie, si ce n’est une légitimité au départ. Mais comme l’explique Carlo Ancelotti ou Zinedine Zidane, cette « aura » peut s’effacer très vite, puisque le joueur de football de haut-niveau recherche avant tout  de la « crédibilité », de la « compétence », tant humaine que technique. En bref, quelqu’un qui pourra lui permettre de briller tout en prenant du plaisir à exercer un métier qui reste avant tout un jeu appris dans la rue ou la cour de récré. L’Allemagne a su faire confiance à ces profils qui sortent des sentiers battus, et elle ne semble pas s’être trompé tant la carrière de ce coach semble promise à un grand avenir. L’école française des entraîneurs est-elle capable de s’engager dans cette voie ?

 

 

 

 

La Sampdoria 2017/18 de Marco Giampaolo : l’éclosion du disciple de Sarri

Si vous aimez le football, vous aimez forcément le Napoli de Sarri. Un football respectueux du spectateur, protagoniste, un football où l’objectif premier est d’être efficace sans renier un idéal de jeu exigeant et spectaculaire. Mais, dans ce championnat italien en pleine transformation, qui, contrairement aux idées reçues, propose chaque weekend des matchs jouissifs, Maurizio Sarri n’est pas seul à tirer son pays vers le haut à travers son jeu. Dans l’ombre des grands médias, son plus fidèle disciple, Marco Giampaolo, réalise un travail remarquable avec la Sampdoria de Gênes. Le championnat est plus qu’entamé et les joueurs de la Samp pointent à la 6eme place, aux portes de l’Europe. A leur tableau de chasse : victoire contre l’ AC Milan, la Juventus ou encore l’ AS Roma !  Mais au-delà, de ces statistiques qui intéressent surtout les supporters ou les comptables, Giampaolo bonifie journée après journée la Série A en proposant un football unique très agréable à voir. Pour Beautyfootball c’est un grand entraîneur qui est en train de naître ! Explications.

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Critique livre Thierry Guillou : « Le football est un art et l’art n’a pas de patrie. »

 

 

 

« Le football est un art et l’art n’a pas de patrie.  » Cette sublime citation issue de « Football et formation : une certaine idée du jeu » annonce d’entrée la tonalité de son ouvrage. Pendant plus d’une centaine de pages il s’agit de tirer le football vers le haut,  d’en extraire la quintessence, pour ensuite proposer, tel un cadeau du ciel, à destination de tous les éducateurs ou passionnés, une réflexion de haute volée sur l’état de notre football hexagonal. Analyse.

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Entretien avec Thierry Guillou : « le football doit être vu comme un art avant d’être perçu comme un combat »

Beautyfootball 2.0 continue d’évoluer. Aujourd’hui pas de présentation d’un futur grand coach professionnel de demain. A quelques jours de la sortie du livre « Football et formation : une certaine idée du jeu » édité chez l’Harmattan, nous avons eu l’immense privilège d’avoir pu nous entretenir avec Thierry Guillou auteur, mais aussi éducateur de jeunes footballeurs au FC Lorient. A travers un fourmillement de questions, nous avons pu balayer beaucoup de thématiques analysées dans ce livre et dresser un panorama précis de l’état de notre football professionnel hexagonal. Ainsi, comme souvent lorsque l’on va explorer les choses en profondeur, nous en ressortons grandis, avec cette impression troublante, que, dans notre football rien n’est ni noir ni blanc, tout est complexe. C’est un combat idéologique qui se joue au quotidien à travers la pédagogie et les messages des éducateurs de France et de Navarre, des centres de formation jusqu’à la vitrine qu’est la Ligue 1. Au delà de la description grisante qui en est faite par Thierry Guillou, l’auteur se positionne et tente de défendre une certaine idée du football, une idée ambitieuse, exigeante, une idée pour tirer notre sport préféré vers le haut. Entretien fleuve.

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FC Lorient 2017-2018 : Mickaël Landreau ou la naissance d’un nouveau grand coach français?

Le football français ne cesse d’être secoué. Les débats se multiplient sur la compétence de nos techniciens et la qualité de la vitrine qu’incarne la Ligue 1 pour notre football. Certains critiquent fermement le corporatisme français et le manque d’ouverture aux idées extérieures de nos entraîneurs, enfermés dans un pragmatisme de bas-étage. D’autres, défendent bec et ongle l’arrivée d’un vent frais apporté par des entraîneurs étrangers, qualifiés de « plus ambitieux dans leurs idées de jeu », mais qui, hormis les cas particuliers du PSG et de Monaco, sont déjà repartis, ou luttent dans les dernières places du championnat. Néanmoins, il faut parfois prendre plus de recul, regarder plus bas, pour se rendre compte que nous traversons actuellement un ensemble de nuances de gris plus que du tout blanc ou tout noir. L’ascension éclair de Mickaël Landreau, déjà à la tête du FC Lorient en Ligue 2, incarne parfaitement cette mutation du football français, débutée depuis des années. A travers son équipe, c’est tout le débat idéologique de notre football qu’il faut nuancer. Dans un championnat réputé impitoyable, ultra-homogène, ou seuls les deux premiers peuvent rêver à de meilleurs lendemains, Landreau, entraîneur du sérail français, tente d’accumuler les victoires, (ainsi combler ses dirigeants), sans renier une certaine idée du football, pour créer une émotion partagée. Décryptage !

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Valencia C.F 2017/2018 : comment Marcelino a remis la chauve-souris sur le toit de l’Espagne!

« C’est un entraîneur qui a toujours très bien travaillé, c’est peut-être même celui qui nous ressemble le plus. Je m’identifie assez à ses idées, à ce que montrent ses équipes. » Comme l’indique Diego Simeone, Marcelino Garcia Toral est déjà unanimement reconnu par ses pairs en Espagne. Entraîneur de plusieurs clubs de moyenne envergure comme Santander ou Villarreal, il semble enfin éclater aux yeux de l’Europe depuis qu’il a pris en main le destin du FC Valence. Club historique du pays, sorti de deux saisons médiocres, il débute ce nouvel exercice avec succès, enchaînant les résultats convaincants et surtout en proposant un jeu complet, très agréable pour les supporters si exigeants de cette belle ville. Focus.  

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L’Argentine des J.O 2004 : le chef d’oeuvre de Marcelo Bielsa

 

Une balade. Un long sentier. Une ode au beau football. Aux Jeux Olympiques d’Athènes en août 2004, l’Argentine de Bielsa récite son football jusqu’à l’Olympe et la glorieuse médaille d’or. Certes, la majorité des adversaires présentent des limites. Mais dans la continuité d’un travail débuté en 1998, la sélection produit toutes ces années peut-être le football le plus abouti collectivement de toute son histoire.  Dans cet « opéra des pauvres » qu’est le football (dixit Jorge Valdano), son Argentine illumine la planète et tous les observateurs aguerris de ce sport, malgré les échecs désastreux en 2002 et en finale de Copa America 2004.  Dans ce cadre, les JO d’Athènes, c’est le dernier ballet d’un esthète, qui dans sa quête perpétuelle de perfection, voit enfin converger les deux chemins de sa vie : produire un beau football et gagner un titre. Analyse.

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La grande Lazio d’Eriksson : une équipe légendaire à la conquête de l’Italie

22 internationaux dont Nedved, Nesta, Veron, Salas, Inzaghi, Mancini entre autres… Non, nous n’allons pas vous parler de la Juventus ou du Milan AC.  C’est l’épopée des Biancocelesti partis à la conquête de l’Italie et de l’Europe entière durant la saison 1999/2000 que nous allons vous raconter.  La quête est simple : ramener le titre de champion qui leur échappe depuis 1974 dans ce qui est considéré à l’époque comme le championnat le plus difficile du monde. L’Inter, le Milan AC, la Juve, Parme font aussi partie des prétendants.  Sergio Cragnotti n’a que faire des autres : il fait confiance à Sven Goran Eriksson pour gérer cet effectif de stars et garnir l’armoire à trophées du club. Le second volet de la rubrique « Nostalgie » de Beautyfootball  se penche sur le football pratiqué par la bande à Nesta…Inoubliable !

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Des Canonniers devenus les Invincibles : retour sur le football épique signé Wenger en 2003-2004

49 matchs de Premier League. C’est l’accumulation incroyable de matchs sans défaite réussie par les Gunners d’Arsène Wenger en championnat entre 2003 et 2004.  Un exploit qui s’étale sur plus d’une saison complète. Tous ceux qui ont joué un tant soit peu au football peuvent concevoir l’ampleur des qualités physiques, techniques et surtout mentales pour réussir une telle performance. Beautyfootball à décidé d’ouvrir sa rubrique « Nostalgie » par une analyse de fond du football pratiqué par cette équipe.  Car, ne l’oublions pas, durant cette année 2003-2004 magique, durant laquelle Arsène Wenger est véritablement entré dans le panthéon des grands coachs il a fallu résoudre des problèmes téchnicos-tactiques chaque semaine ! Comment cet effectif déployait-il ce football flamboyant et ultra-efficace durant des mois et des mois ?

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L’Ajax d’Amsterdam 2016-2017 : Peter Bosz et le retour du football champagne en terre Batave!

 

L’Ajax d’Amsterdam est aux portes du dernier carré d’Europa League. L’Ajax est aussi aux coudes à coudes dans son championnat dans lequel il n’a plus perdu depuis le 11 décembre 2016. En fait, l’Ajax d’Amsterdam n’a perdu qu’un match sur les 20 derniers toutes compétitions confondues depuis Janvier 2017. Mais tout cela, ça ne suffit pas pour les dirigeants néerlandais, et le coach Peter Bosz, le sait. En terre Ajacide, il faut gagner en faisant rêver les supporters, les observateurs, afin de pérenniser les valeurs et l’idée forte qu’esthétisme et efficacité peuvent s’assembler. C’est ce projet, construit sans stars, où la jeunesse est un étendard, que nous allons décrypter. Et autant vous le dire tout de suite, le pari est réussi. 

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La Lazio Rome d’Inzaghi : le retour des années dorées?

En début de saison, les projecteurs se sont braqués soudainement sur la Lazio avec les échos de l’arrivée de Marcelo Bielsa dans le club. Cette équipe semblait partie pour vivre une belle histoire suivie médiatiquement sous l’égide du légendaire coach argentin. Sauf que, cela ne s’est pas passé comme la presse et les dirigeants l’avaient prévu. Bielsa n’est pas venu et il a fallu agir. L’équipe a de nouveau sombré dans l’oubli. Dans ce contexte, l’équipe technique décide de renouveler sa confiance une saison de plus à l’une des légendes du club, Simone Inzaghi déjà présent en fin de saison dernière. Aujourd’hui, la Lazio est aux portes de la Ligue des Champions devant les clubs de Milan par exemple. Et ce sans débourser des millions, sans renouveler tout l’effectif. Comment Inzaghino a-t-il réussi à sublimer cette équipe, pour en faire un escadron efficace et passionnant à voir jouer ?

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Le TSG Hoffenheim 2016-2017 : l’histoire incroyable de l’ascension du jeune Julian Nagelsmann vers la Ligue des Champions

          Dietmar Hopp voici le nom de celui qui a permis de sortir le club du TSG Hoffenheim de l’anonymat le plus complet. Après avoir fait fortune dans l’informatique il décide d’aider son village de 3000 habitants, son club de cœur pour qu’un jour il accède à la Bundesliga. Le club est repris en 1990. En 2009, Dietmar Hopp réussit son pari et son club évolue dans l’élite sous les quolibets des clubs « historiques » qui méprisent ce club sans histoire. Le mécène ne s’en soucie guère et s’impose peu à peu sans faire de bruit et sans excès financiers. Sans l’ombre d’un doute, il est allé chercher l’entraîneur Julian Nageslmann, 28 ans, et plus jeune entraîneur de la Bundesliga alors que son équipe était proche de la relégation en 2015-2016. Il a renouvelé un effectif, avec cinq nouveaux joueurs de talent pour moins de 23 millions d’euros. Sans stars, mais avec un projet de jeu ambitieux porté par son jeune entraîneur, Hoffenheim lutte aujourd’hui pour la ligue des champions. Analyse d’une équipe transfigurée !

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L’Atalanta Bergame 2016-2017 : un tableau de maître signé Gian Piero Gaspérini

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      C’est la bonne surprise italienne de cette saison. Avec un budget minimaliste, un stade de 24 000 places et la deuxième équipe la plus jeune de Série A, l’Atalanta fait tout de même bien parler d’elle en Italie. 6eme du classement à la trêve, 5eme à quelques journées de la fin elle réalise l’une des plus belles saisons de son histoire sous la houlette de l’entraîneur Gian Piero Gasperini. Elle à marqué les esprits avec des succès contre Naples par exemple. Mais, ce qui impressionne le plus lorsque l’on regarde cette équipe sur le terrain, c’est l’ambition de son jeu et le spectacle proposé, qui respecte le spectateur et suscite l’enthousiasme. Alors, quoi qu’il advienne en 2017/2018, il faut s’attarder sur ce club, petit par la taille mais grand par les idées.

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La Real Sociedad 2016-2017 : la transformation catalane par Eusébio Sacristan

photo intro Real Sociedad

       La Real Sociedad c’est 55 millions d’euros de budget environ. Soit moins que le budget de Lille (75 millions) ou Saint-Etienne (60 millions). Pourtant,  à l’heure où l’on écrit ces lignes ils sont 5eme de Liga à 2 points de l’Atlético de Madrid dans leur championnat  et qualifiés pour les quarts de finale de la Coupe du Roi où ils joueront 2 matchs de gala contre le FC Barcelone. Surtout, cette équipe propose un football attrayant, ambitieux et portée vers l’offensive ! La clé de ce renouveau se nomme Eusébio Sacristan. Depuis son arrivée en milieu de saison dernière à la place de David Moyes, il fait des miracles avec cette équipe sans jamais renier des principes de jeu qu’il a développé durant toutes ses aventures barcelonaises commencées en 1988. Analyse du football pratiqué à San Sébastian où l’ambition européenne n’est pas taboue !

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Le RB Leipzig 2016-2017 d’Hasenhüttl : un football tout-terrain pour bousculer la Bundesliga!

 

    Premier de Bundesliga à quelques semaines de la trêve hivernale en Allemagne, Le RB Leipzig semble parti pour bouleverser la hiérarchie du football allemand cette saison.  Ce club, issu de la section sportive du SSV Markranstadt, a pris son essor en 2009 après le rachat par le patron de l’entreprise Red Bull, Dietrich Mateschitz.  Passé entre 2009 et 2016 de la 5eme division à la tête de la Bundesliga, nous pourrions penser que ce club de la Saxe parrainé par un multi-millionnaire n’a rien à faire sur un blog qui souhaite présenter des équipes jouant un beau football sans un budget mirobolant.  Cet argument sera peut-être recevable dans deux ou trois ans. Car, pour le moment, ce club est bâti à partir d’un « business model » très précis qui se définit selon les modalités suivantes : budget strictement encadré, effectif sans star et fondé sur l’éclosion de jeunes joueurs, philosophie de jeu spectaculaire et identité club très développée du centre de formation à l’équipe professionnelle sous l’égide du directeur sportif Ralf Rangnick. Mais concrètement comment évolue cette équipe sur le rectangle vert ?

N.B : en cas de première visite sur le site n’oubliez pas d’aller lire mon A propos, car il est la clé pour comprendre tout le site. J’espère qu’il vous plaira.

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