593 vues

L’Argentine des J.O 2004 : le chef d’oeuvre de Marcelo Bielsa

 

Une balade. Un long sentier. Une ode au beau football. Aux Jeux Olympiques d’Athènes en août 2004, l’Argentine de Bielsa récite son football jusqu’à l’Olympe et la glorieuse médaille d’or. Certes, la majorité des adversaires présentent des limites. Mais dans la continuité d’un travail débuté en 1998, la sélection produit toutes ces années peut-être le football le plus abouti collectivement de toute son histoire.  Dans cet « opéra des pauvres » qu’est le football (dixit Jorge Valdano), son Argentine illumine la planète et tous les observateurs aguerris de ce sport, malgré les échecs désastreux en 2002 et en finale de Copa America 2004.  Dans ce cadre, les JO d’Athènes, c’est le dernier ballet d’un esthète, qui dans sa quête perpétuelle de perfection, voit enfin converger les deux chemins de sa vie : produire un beau football et gagner un titre. Analyse.

N.B : en cas de première visite sur le site n’oubliez pas d’aller lire mon A Propos, car il est la clé pour comprendre tout le site. Je suis sûr qu’il vous plaira

COMPOSITION ET ANIMATION

Note au lecteur : Etant donné que nous sommes dans l’analyse de matchs assez anciens, la qualité de la vidéo et donc des images sélectionnées n’est pas toujours optimale. Nous comptons sur votre clémence.

LA PHASE OFFENSIVE : DU MOUVEMENT PERMANENT POUR DES COMBINAISONS INFINIES

 

Cette sélection est animée d’une flamme que rien ne semble pouvoir éteindre. Marcelo Bielsa vient de perdre la finale de la Copa America avec sa sélection face au Brésil le 25 Juillet. Celle-ci s’est décantée aux tirs aux buts alors que l’Argentine dominait au score, après une égalisation brésilienne d’Adriano à la 94eme minute. Malédiction divine ? Acharnement du mauvais sort ?

Une nouvelle fois meurtri, Bielsa n’abandonne pas pour autant et convoque un groupe de 18 joueurs, dont 3 peuvent avoir plus de 23 ans (ici Heinze, Ayala et Kily Gonzalez) comme l’exige le règlement du CIO depuis 1992. Une partie du groupe présent lors du 1er match olympique contre la Serbie a vécu de l’intérieur cette défaite en finale. Heinze et D’Alessandro ont raté leur tir au but durant cette séance fatidique. Le nombre de matchs accumulés par un joueur comme Heinze durant cette saison 2003-2004 semble stratosphérique. Pourtant, à peine 15 jours plus tard, ils sont bien décidés à régner sur l’Olympe et à balayer la Serbie-Montenegro. 90 minutes, et 6 buts plus tard, le groupe et Bielsa semblent déjà passés à autre chose et entièrement focalisés sur les Jeux Olympiques. Ce rappel contextuel, esquisse à lui seul la force mentale et physique de l’ensemble du groupe  argentin.

« Le football est mouvement et déplacement. (…) Ecoutez-moi bien : il n’existe pas une raison valable pour qu’un joueur soit à l’arrêt sur la pelouse. » Cette citation de Bielsa extraite du livre « Marcelo Bielsa El Loco Unchained » de Thomas Goubin résume à merveille sa philosophie. Quel que soit son âge, sa condition physique, le nombre de matchs effectués, les joueurs de Bielsa doivent constamment courir et imposer leur supériorité physique. Courir, oui, mais pas n’importe comment. Le jeu de l’Albiceleste est pensé, réfléchi, intellectualisé de la première relance du gardien à la finition par l’attaquant de pointe. Souhaitant au maximum réduire la zone d’incertitude propre au football, ses joueurs récitent un football intégré à la perfection à travers d’innombrables séquences, répétés durant des années et que nous allons essayer de décortiquer.

Bielsa à lui-même analysé le football de fond en comble. C’est une encyclopédie de ce sport. Aucun système ne lui est inconnu. Pour autant, il utilise très souvent un système de jeu qui sort des sentiers battus, le 3-3-3-1 (et sa déclinaison la plus simple le 3-3-1-3). Dans l’animation de celui-ci, tous les joueurs ont un rôle précis pour rendre cette symphonie harmonieuse et efficace.

Le gardien, German Lux, doit le plus souvent relancer court. Il dispose de nombreuses solutions représentées par les 3 défenseurs, Roberto Ayala, Gabriel Heinze, et Fabricio Coloccini qui utilisent la largeur tant que possible. A cela vient s’ajouter fréquemment les décrochages de Javier Mascherano en cas de pressing adverse.  Cette quantité de joueurs conséquente à disposition du gardien, permet d’étirer dès les premières passes le bloc adverse, pour ensuite trouver une ligne de passe dans les intervalles.

En effet, les défenseurs centraux et Mascherano, jouent un rôle crucial dans la construction des actions. 3 circuits préférentiels permettent de créer des décalages et l’incertitude chez l’adversaire. D’abord, il faut considérer Mascherano comme un « leurre ». Ses déplacements sans ballon sont très importants pour fixer, ouvrir de l’espace au défenseur central tenant la sphère ronde. Car, souvent, il embarque avec lui un milieu adverse, en se déportant à l’opposé du porteur, ce qui laisse de l’espace dans l’axe notamment. Les déplacements de Mascherano sont donc conditionnés par les mouvements de ses collègues défenseurs. Ces derniers peuvent, grâce à leurs qualités techniques, utiliser au mieux les espaces laissés libres. Ils n’hésitent pas à redoubler entre eux, dans leurs 40 mètres, sur toute la largeur, pour fixer l’adversaire, jusqu’à trouver le moment précis, où la passe verticale sur le joueur libre devient possible. Par exemple, le nombre de passes lasers qui touchent directement Tevez, saute aux yeux lorsque l’on regarde cette équipe évoluer.

(Gabriel Heinze en possession du ballon, très avancé dans le camp adverse, puisque ces derniers sont en bloc bas. Il cherche par une passe verticale un espace entre les deux milieux de terrain rivaux dans le carré noir.)

(Gabriel Heinze a trouvé Tevez dans l’intervalle entre les deux milieux Serbe. Sa passe verticale directement sur l’attaquant en décrochage a permis le décalage.)

En outre, les défenseurs centraux ont les qualités techniques pour porter le ballon, éliminer un adversaire balle au pied en cas d’harcèlement majeur adverse. C’est la deuxième option offensive pour construire une ouverture : apporter directement le ballon à la médiane, fixer l’adversaire et le mettre dans la posture délicate du choix en 2 contre 1 : l’opposant doit-il lâcher son marquage au risque qu’il ne soit pas repris, ou doit-il laisser le défenseur pénétrer son camp ? Enfin, la troisième option majeure est double : donner le ballon sur un côté à un joueur piston qui s’empressera de combiner ou allonger sur ce même côté pour un joueur lancé.

Une fois l’ouverture effectuée, dans le camp adverse, les possibilités sont démultipliées. Ces combinaisons ne peuvent exister que parce que les milieux de terrain et les attaquants prennent des risques dans leurs déplacements, en cherchant à dézoner, à permuter, à se projeter. Bielsa l’énonce clairement : « Quand tu as le ballon, il faut se démarquer. Et pourquoi se démarquer ? Pour que la progression du ballon soit plus fluide. Les positions fixes, sans mouvement, rendent la formation de lignes davantage perceptibles pour le rival. Mais attention, plus tu te démarques et plus tu crées de désordre pour couvrir le terrain (à la perte du ballon). Et c’est la plus grande difficulté. Cela se résume simplement : plus tu te démarques et plus ton repli défensif devient complexe. Mais si tu ne te démarques pas suffisamment, tu ne donnes pas de fluidité à la circulation de balle. ».

Le cas de Tevez est très marquant à cet égard. Celui-ci n’est absolument pas fixe à son poste. Nous pourrions presque déjà parlé d’un faux neuf, tant sa position à la pointe de l’attaque n’est que le point de départ d’un déplacement vers une autre zone.  Ainsi, Carlitos redescend très souvent au milieu en tant que numéro 10 pour créer des surnombres. Il se déplace aussi sur les ailes pour dribbler et combiner, bref sa liberté n’a d’égale que sa qualité technique.

 Sur ce point, ajoutons qu’une force est indispensable à l’expression d’une créativité : la qualité de couverture de balle. Tous les joueurs offensifs de l’Albiceleste, malgré leurs gabarits plutôt légers, sont des maîtres de la protection de balle sous pression. Jamais ils ne s’affolent. Leur jeu de corps est si bon qu’ils peuvent utiliser le poids de l’adversaire pour le contourner. Pour jouer dos au jeu il n’est pas question de taille : il faut savoir incliner son corps, en restant gainé, et utiliser ses bras avec intelligence pour toujours laisser l’adversaire à distance. Ballon au pied, adversaire contrôlé, c’est le tempo qui est maîtrisé. Dans ce cadre, Tevez n’est qu’un joueur parmi d’autres, car tous les autres joueurs offensifs argentins ont cette immense liberté pour combiner.

Noter l’ensemble des mouvements collectifs préparés par Bielsa durant toutes ces années relève de la prétention et de la gageure. Cependant, quelques constantes prédominent. Parmi elles, la volonté de créer des triangles, de répéter les « unes-deux », et les « passe et suit ». Ces circuits de jeu se déroulent en grande majorité sur les côtés, notamment à gauche où Cesar Delgado est omniprésent.

(Début d’une superbe séquence collective qui se terminera par un but. Kily Gonzalez à gauche trouve Cesar Delgado face à lui).

(Celui-ci lui remet en une touche et valide le « une-deux ».)

(Tous les milieux de terrain accompagnent l’action après avoir donné le ballon et Kily, de nouveau en possession se retrouve avec deux coéquipiers dans un triangle parfait pour combiner. Un jeu à trois leur permettra de transpercer la défense et d’aller marquer dans la surface face au gardien).

(Ce plan large est extrêmement intéressant pour comprendre l’animation du système de Bielsa et la répartition triangulaire sur l’ensemble du terrain par tous les joueurs.)

Par ailleurs, l’entraîneur argentin, demande expressément à ses joueurs d’utiliser leurs qualités pour fixer d’un côté puis renverser à l’opposé.

(Les 4 joueurs argentins, en bleu nuit, ont réussi à redoubler les passes au milieu des cinq serbes à gauche. Mascherano est servi face à jeu. Il va pouvoir renverser vers Rosales à droite.)

(Rosales s’est excentré à l’opposé et attends désormais le ballon envoyé par Mascherano. La situation est idéale pour qu’il exprime ses qualités : éliminer son vis-à-vis en 1 contre 1 et attaquer la surface de réparation.)

Toutes ces séquences sont remarquablement animées grâce à la justesse dans le jeu, dans les choix, de l’ensemble des joueurs créatifs. Ces derniers savent parfaitement quand garder le ballon, quand jouer en 1 touche de balle, quand jouer 2 touches. L’impression de fluidité est énorme, tel un ballet parfaitement synchronisé, dans lequel l’adversaire lui-même se retrouve comme spectateur.

D’autant plus que, la phase de finition est aussi riche que la phase de construction. L’Albiceleste abuse des centres aux abords de la surface, souvent après avoir éliminé en 1 contre 1 le latéral adverse grâce à la vélocité des ailiers. C’est ensuite 4 à 5 joueurs qui se présentent dans la surface pour essayer de conclure l’action. De surcroît, Lucho Gonzalez, D’alessandro, Cesar Delgado ont des qualités de frappe supérieures à la moyenne. Marcelo Bielsa veut les valoriser et leur demande de ne pas négliger les tirs de loin. Mais au-delà de ces deux axes de finition très répandus, l’équipe argentine cherche à aller encore plus loin. Les 25 derniers mètres, sont aussi des lieux d’expression de la finesse technique Albiceleste, des lieux d’expression de leur intelligence collective. Ainsi, les joueurs offensifs recherchent très souvent la petite passe entre deux défenseurs, en plein cœur de surface, qu’elle soit rasante, ou par-dessus, afin que l’attaquant soit dans des dispositions presque « parfaites » pour terminer l’action. Face à des défenses qui manquent de rigueur dans les petits espaces, ces combinaisons sont dévastatrices et spectaculaires. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : en 6 matchs ils marquent 17 buts, dont 3 contre l’Italie de Pirlo, De Rossi, Gilardino etc… Tevez termine meilleur buteur de la compétition loin devant tout le monde avec 8 buts. L’Argentine de Bielsa c’est donc d’abord un feu d’artifice offensif, sans cesse renouvelé,  empli de détails, que même un peintre impressionniste ne saurait renier.

LA PHASE DÉFENSIVE : FAIRE SUFFOQUER L’ADVERSAIRE

 

« Je regarde d’ailleurs des vidéos pour attaquer, pas pour défendre. Vous savez en quoi consiste mon travail défensif ? « Nous courons tous !».  Marcelo Bielsa ne transige pas avec l’effort physique. A la perte du ballon celui-ci doit être aussi intense voire plus que lorsque son équipe dispose du cuir. C’est le principe numéro 1 de Bielsa en phase défensive : aucun joueur ne peut échapper au travail défensif, quel que soit son statut ou son poste.

Le deuxième principe est concomitant au premier : si tous les joueurs font les efforts défensifs notamment les attaquants, nous pouvons envisager de récupérer le ballon très vite dans le camp adverse dans les 5 secondes après avoir attaqué. Cet axe de récupération par un pressing immédiat autour du porteur, magistralement sublimé par Guardiola et repris par beaucoup de coachs souhaitant être « protagonistes » sur le terrain est directement inspiré par cette école de pensée  Bielsiste, lui-même étant influencé par les équipes qui l’ont marqué comme le Milan de Sacchi dans les années 80  et les Pays-Bas de Cruyff dans les années 70. Désormais populaire, cette idée de jeu reste appliquée très spécifiquement par Marcelo Bielsa puisque il reste l’un des rares adeptes du marquage individuel.

(Ici c’est Gabriel Heinze qui suit le décrochage de son vis-à-vis jusque dans les 40  derniers mètres Serbe.)

(Après avoir récupéré le ballon, il ne se replie pas dans sa zone, mais poursuit l’offensive et crée un surnombre en dédoublant derrière Cesar Delgado.)

(Heinze, troisième défenseur central dans le système de Bielsa se retrouve de fait à gauche et distribue un centre, pour son collègue attaquant qui marquera sur cette séquence. Ces images illustrent à merveille des principes défensifs essentiels chez Bielsa que sont le marquage individuel, le suivi des décrochages et les transitions défensives-offensives).

Ainsi l’idée de harcèlement rapide du porteur de balle est toujours couplée au marquage individuel que chaque joueur doit réaliser, même si cela doit passer par une course de repli de 25 ou 30 mètres. Les compensations sont toujours possibles. Notons également, que le premier harceleur a pour interdiction de se jeter : il ne pourra plus suivre son vis-à-vis en cas d’élimination s’il se retrouve par terre. Il doit donc en priorité réduire les angles de passes du rival, l’obliger à perdre le ballon et à précipiter sa relance

Le troisième principe de Bielsa est reconnaissable dans toutes les équipes qu’il a entraîné : être constamment dans l’agressivité absolue face au porteur, à la limite de la faute, réduire à l’infinitésimale la distance de marquage. Cette agressivité sur le porteur, est parfaitement illustrée dans ce tournoi par la supériorité défensive dans le jeu aérien incarnée notamment par Ayala, souverain dans ce domaine.

Marcelo Bielsa attache énormément d’importance aux défenseurs centraux : c’est le cœur de deux autres de ses principes : faire en sorte qu’il y ait toujours un défenseur central de plus que les attaquants adverses. D’où cette propension à jouer régulièrement à trois défenseurs centraux. De plus, l’entraîneur argentin souhaite éviter tant que possible de jouer le hors-jeu. C’est pourquoi, le troisième défenseur central est souvent celui qui reste en couverture face aux appels verticaux ou quand ces collègues dézonent.

La manière de défendre assez unique des équipes de Bielsa, au premier-chef l’Argentine, peut présenter des inconvénients : les lignes peuvent très vite s’étirer, l’édifice reste fragile face à des joueurs alliant qualité technique et intelligence de déplacement.

Par conséquent, même si ces défauts semblent rédhibitoires à certains,  Bielsa a développé certains outils pour limiter ces problèmes. La phase de repli défensive dans les 30 derniers mètres est très travaillée et ce n’est pas moins de 6 Argentins qui sont constamment mobilisés pour occuper les zones et récupérer le cuir. De plus, la ligne défensive dispose d’une science du tacle propre qui saute aux yeux sur le terrain. Les joueurs cherchent toujours à enfermer le joueur adverse sans se jeter. Néanmoins, le tacle reste leur ultime recours, notamment face aux dribbles des rivaux. Les défenseurs savent l’utiliser à bon escient, tout particulièrement Javier Mascherano.

(Une phase de repli classique chez Bielsa : le porteur est cadré, les joueurs sont au marquage, disposé en bloc compact autour de la surface de réparation. Dans ce contexte difficile pour le paraguayen de trouver une solution)

Bielsa dit lui-même qu’une défense solide et active est le meilleur moyen d’attaquer efficacement. L’entraîneur Argentin est d’ailleurs un maître des attaques rapides. Enormément de ses buts sont marqués sur cette phase. La qualité de relance exceptionnelle des défenseurs tels que Coloccini, alliées à leur force de projection, et à l’intelligence de déplacements de ses partenaires, constituent des cocktails explosifs pour déstabiliser l’adversaire. Les transitions défensives-offensives ne sont aucunement négligées par le coach Argentin.

LA LÉGENDE OUBLIÉE : FABRICIO COLOCCINI

Les Jeux Olympiques d’Athènes représentent une occasion unique pour que Coloccini montre l’étendue de son talent à une équipe de l’AC Milan, qui dispose du joueur sous contrat depuis 1999 mais qui multiplie les prêts à son encontre. Joueur à la double nationalité, Argentine et Italienne, il brille sous les ordres de Bielsa : vraie qualité technique dans la relance courte ou longue, dans la conduite de balle, puissance physique dans les duels, intelligence dans le placement, grosse frappe de balle.

Néanmoins, après avoir débuté sa carrière à Boca Juniors, signé en 1999 un contrat qui le lie à l’AC Milan jusqu’en 2005, il est prêté dans de nombreux clubs espagnols entre 2001 et 2004 (Alavès, Atlético Madrid, Villarreal). Il finit par rompre son contrat avec le club de Milan en 2005 pour s’installer 3 ans en Galice au club du Deportivo La Corogne. Indéboulonnable défenseur, il est appelé régulièrement au sein de l’Albiceleste où il culmine 40 sélections. Il signe un dernier gros contrat à Newcastle en 2008 et ne quittera plus le club du nord de l’Angleterre jusqu’à la fin de sa carrière. Déjà auteur d’un excellent parcours professionnel, garni d’une médaille d’or olympique, d’une coupe Intertoto, de 3 championnats d’Argentine, il aurait peut-être pu jouer encore plus haut avec des choix de carrière plus heureux. Fabricio Coloccini reste un formidable défenseur, élégant et rugueux, et il forme avec Ayala et Heinze un rideau extrêmement efficace durant ces J.O.

CONCLUSION

Au terme d’une compétition rondement menée c’est la libération pour Marcelo Bielsa et ses hommes : pour la première fois de son histoire l’Argentine ramène au pays une médaille olympique. Avec une équipe jeune et usée par l’énorme quantité de matchs, il réussit à rompre le mauvais sort et à ramener un titre tout en proposant un football envoûtant, spectaculaire où le spectateur qu’il soit supporter ou non, ne peut que rester béat d’admiration. Comme si, cette victoire mettait fin à son cycle, il démissionne de son poste de sélectionneur deux semaines plus tard et continue son chemin de croix d’éternel insatisfait : « Les moments de ma vie où j’ai le plus progressé sont liés aux échecs, alors que les moments de ma vie où j’ai régressé sont liés aux succès. Quand tu gagnes, le message d’admiration est trop confus. Le succès déforme, nous fait nous relâcher, trompe, nous conduit à nous énamourer excessivement de nous-mêmes ; l’échec est le contraire, il est formateur, nous rend solides, nous rapproche de nos convictions, nous rend cohérents. Bien entendu, je me dédie au sport de compétition pour gagner, et je travaille ce que je travaille car je veux gagner, mais si je ne distinguais pas ce qui est réellement formateur et ce qui est secondaire je serai dans l’erreur (…) Dans n’importe quel domaine, on peut gagner ou perdre, mais l’important est la noblesse des recours utilisés, l’important est le cheminement , la dignité  avec laquelle j’ai parcouru ce sentier dans la recherche de mon objectif. ».

BILAN

les forces :

  • Un entraîneur aux convictions proches du génie, et d’une force mentale à toute épreuve.
  • Un groupe soudé, habitué à jouer ensemble tel un orchestre symphonique.
  • Un volume de courses au-dessus du lot.
  • Une qualité technique collective, à tous les postes, sublimée par des circuits de jeu parfaitement intégrés.
  • Une rigueur défensive absolue par les 11 joueurs sur le terrain
  • La volonté d’être constamment protagoniste dans le match, d’imposer son jeu sur le terrain.
  • Un jeu de tête défensif efficace
  • Des combinaisons, et du jeu dans les petits espaces extrêmement fluide dans les 30 derniers mètres.
  • Une sélection de 18 joueurs aux qualités homogènes.
  • Des défenseurs centraux actifs et déséquilibrants dans la première relance.
  • Une vraie science du tacle.
  • Des attaques rapides de très grande qualité

Les quelques faiblesses :

  • Un gardien très moyen notamment sur les sorties aériennes.
  • Un bloc qui peut parfois apparaître étiré.
  • Une défense collective qui peut néanmoins exploser si l’adversaire dispose d’énormes qualités individuelles.
  • Parfois du déchet dans la finition.

Sources : les citations proviennent de l’œuvre de Thomas Goubin, Marcelo Bielsa : El Loco Unchained, chez Hugo Sport. Images proviennent de Getty Image, Losc.fr, Google Images, Sofoot.com.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *