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Oliver Torres : l’homme qui sublimait la passe!

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         22 ans mais déjà beaucoup de grands clubs écumés. Óliver Torres Muñoz connaît l’exigence du haut-niveau et cherche par tous les moyens à s’imposer dans un grand club européen. Il est bien parti pour réussir dans le club portugais de Porto où il évolue cette saison en prêt. Il y distille, match après match des passes sublimes et précises pour faire briller ses partenaires. Analyse d’une carrière déjà bien garnie.

N.B : en cas de première visite sur le site n’oubliez pas d’aller lire mon A propos, car il est la clé pour comprendre tout le site. J’espère qu’il vous plaira.

LA BIOGRAPHIE

        Dès sa naissance, le choix de son prénom semble le condamner à une belle carrière de footballeur. En effet, Óliver (Olivier en français) est une référence directe au dessin animé Olive et Tom et, c’est son frère, qui aurait énormément insisté pour l’attribution de ce prénom (c.f article So Foot du 21 août 2013 en ligne). Comme le personnage Olivier Atton de l’animé, il se trouve vite au poste de milieu axial.

      C’est dans ce cadre, en 2006, qu’il est repéré par le FC Barcelone à travers sa fondation Marcet (académie du football d’animation de Barcelone avant la Masia). Mais il n’y reste que très peu de temps en raison de l’éloignement familial qu’il ne supporte pas. C’est finalement au centre de formation de l’Atlético de Madrid qu’il poursuit son apprentissage.

       Óliver est très précoce puisque il débute sous les couleurs de l’équipe première à 17 ans et 283 jours (deuxième joueur le plus jeune à débuter après Fernando Torres). Durant la saison 2012-2013, Diego Simeone l’intègre au groupe durant la présaison. Il rentre en jeu dès la 1ere journée contre Levante. Néanmoins, le joueur est encore trop tendre pour s’imposer dans un groupe d’aussi grande qualité que celui de l’Atlético de Madrid.  En deux saisons, il cumule moins d’une vingtaine d’apparitions et 1 petit but à son compteur. C’est alors qu’il est envoyé en prêt dans un club très réputé d’Espagne : le Villarreal C.F. Cependant c’est un nouvel échec pour lui puisque il n’y joue que 9 matchs.

        A la recherche d’un temps de jeu conséquent, et d’une saison référence, il est de nouveau prêté par l’Atlético au FC Porto. Julen Lopetegui, alors entraîneur, le connaît très bien puisque il a pu l’avoir sous ses ordres lorsque il était sélectionneur des -20 ans espagnols. Il souhaite lui donner une vraie place dans son équipe et le faire progresser. Et ça marche puisque il réalise une saison pleine à plus de 30 matchs, 7 buts et d’innombrables passes décisives.

      Tant et si bien que, l’Atlético souhaite le récupérer pour la saison 2015-2016. Il réussit à gagner de l’importance et à jouer plus dans cette équipe, où beaucoup de supporters le considèrent comme une idole et le futur joueur maison exceptionnel à l’image d’un Fernando Torres ou d’un Koke. Dans cette énorme saison de l’Atlético qui retourne en finale de ligue des champions, il joue environ 25 matchs mais la pression autour de lui reste immense. C’est pourquoi, il redemande son prêt au FC Porto au début de la saison 2016/2017. Très vite, il apparaît indiscutable et indiscuté dans l’effectif portugais tant son apport est important pour le collectif.

TECHNIQUE ET INTELLIGENCE AU CENTRE DE SON JEU 

 

       Soyons clair : Óliver Torres représente l’archétype du joueur formé en Espagne, biberonné à la culture football et à l’exigence technique de ce pays. Dans une contrée où le gabarit n’est pas un critère de sélection, il peut s’imposer malgré son mètre 75 et ses 68 kilos tout juste. Et comme beaucoup de jeunes joueurs espagnols d’aujourd’hui, sa qualité première est la passe, qu’elle soit courte ou longue.

     Capable d’évoluer dans l’axe du milieu de terrain en tant que relayeur, en numéro 10 voire même sur un côté en tant que faux joueur de couloir, sa polyvalence cache surtout une qualité fondamentale : il touche énormément de ballons et n’a que très peu de déchets dans ses prises de balles et enchaînements. Dans les matchs de ligue des champions qu’il a disputé cette saison avec Porto il touche en moyenne 70 à 80 ballons qu’il soit placé en numéro 10 ou en relayeur par Nuno Espirito Santo. Il perd pendant ces matchs à haute intensité moins de 5 ballons en 90 minutes.

    D’autre part, sur la quarantaine de passes qu’il distille durant les différentes confrontations, 7 en moyenne sont clairement verticales ou dans les 30 derniers mètres. Ainsi, une idée fixe ressort lorsqu’on le voit évoluer : lui donner le ballon c’est presque s’assurer qu’il le bonifiera et qu’il ne s’en débarrassera pas. Óliver Torres, c’est une assurance tout-risques.

      Les autres qualités décisives qui permettent de s’exprimer par la passe sont le volume de jeu, l’intelligence et le sens du placement. Ces qualités, il les a. En effet, on ressent tout de suite que ses éducateurs lui ont appris comment utiliser la légèreté de son gabarit. C’est en évitant l’adversaire, en se plaçant entre les lignes qu’il peut se mettre en avant et sublimer le collectif. D’ailleurs, il connaît très bien deux des éléments qui permettent d’accélérer le jeu : la passe en 1 touche et le contrôle orienté. Il use et abuse de ces procédés. L’entraîneur de Porto est conscient de cette qualité et lui laisse beaucoup de liberté de mouvement sur le terrain pour qu’il fluidifie le jeu.

    En outre, son intelligence de jeu rend possible de nombreux décalages par des déplacements sans ballon. Il peut verticaliser un appel directement dans la surface pour ouvrir un espace latéral et vice-versa.

          Ce n’est pas un joueur qui gagnera beaucoup de duels à l’épaule. Pour récupérer le ballon, il met énormément d’intensité pour harceler le porteur, fermer les angles de passes et par conséquent ôter le ballon à l’adversaire plus collectivement qu’individuellement. Ce n’est pas parce qu’il défend majoritairement debout qu’il n’aime pas tacler puisque il en réalise 3 à 4 par match en moyenne.

            Ce n’est pas un joueur que l’on verra pousser son ballon et courir derrière même si on le fait évoluer sur un côté. Sa conduite de balle est soyeuse et toujours maîtrisée. Cet espagnol joue presque constamment la tête levée, le buste haut, analysant le jeu de ses partenaires. Il a toujours ce réflexe trop peu visible au haut-niveau en France, de regarder ses partenaires et adversaires avant chaque prise de balle pour préparer ce qu’il va faire du ballon.

    Il apprécie tout particulièrement le geste technique qui consiste à faire une rotation autour du ballon sur un pas pour le protéger et se réorienter. L’énumération de tous ces points forts pourrait laisser croire qu’il n’a pas de défauts. Pourtant, ils sont encore très nombreux.

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(source : google images)

LES AXES DE PROGRES

       D’abord comme beaucoup de jeunes joueurs, sa naïveté est parfois flagrante et son manque de vice évident dans les actions défensives notamment. Ce joueur ne sait quasiment pas aller chercher une faute, ou tirer le maillot de l’adversaire par nécessité tactique. Ensuite, même s’il a mis 7 buts en 26 matchs avec Porto en 2014-2015, il reste trop limité dans la finition. Il ne frappe pas assez, sans parler de son jeu de tête offensif (et défensif) bien trop faible. En observant ses matchs, on constate qu’il peut parfois disparaître par manque de fraîcheur physique. S’il évolue dans un club de plus grande envergure européenne, il devra probablement se muscler encore un peu. Enfin, il utilise très peu son pied gauche en cours de match, ce qui limite ses possibilités de surprise face à un adversaire intelligent tactiquement. D’ailleurs, son goût pour la passe peut parfois sembler presque académique, et il gagnerait à progresser dans le dribble en 1 contre 1 pour amener encore plus de variété dans sa palette technique.

CONCLUSION

 

       Óliver Torres n’a pas encore la renommée d’Olivier Atton et Thomas Price de la célèbre série Olive et Tom. Pour autant s’il continue à accumuler les matchs avec son club de Porto (1 seule défaite sur les 17 derniers matchs série en cours en décembre), il semble préparé à franchir des paliers et pourquoi pas s’imposer un jour dans son club formateur de l’Atlético de Madrid comme l’a réussi Jorge Resurreccion Merodio dit Koke. C’est aussi dans les grands matchs que l’on voit les grands joueurs et espérons pour lui que la future affiche de ligue des champions contre la Juventus de Turin en février lui permette de se montrer !

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(source : papinade.com) 

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